Être un enseignant de son temps veut en partie dire qu’il faut s’intéresser à l’intégration des technologies de l’information (TIC) dans notre classe. Les technologies nous permettent d’amplifier certaines de nos actions qui étaient déjà efficaces sans ces innovations de la classe. Mais nous sommes en droit de nous demander, comme le fait M. Karsenti dans son article «Plus captivantes qu’un tableau noir» si ces TIC sont bel et bien capables d’«insuffler le goût d’apprendre à toute une génération» (Karsenti; 2003)
Les technologies en classe, par exemple le tableau blanc interactif (TBI) ont le potentiel d’influencer le goût des élèves à apprendre. Cette motivation extrinsèque pourrait avoir le pouvoir de se transformer en motivation intrinsèque. Pourquoi utilise le conditionnel lors de cette affirmation ? Tout simplement parce que suite à la lecture de quelques textes, il m’est apparu évident que les technologies peuvent changer l’attitude de certains élèves en classe, mais que cela dépendra toujours des facteurs externes à la technologie.
Faire entrer dans la classe traditionnelle les technologies peut avoir un effet significatif sur l’intérêt en classe des garçons. En effet, les garçons ont un intérêt spontané envers les technologies, qui peut par contre diminuer si la tâche prend un aspect trop didactique évident. Le contraire se produit alors chez les filles, qui ont une propension naturelle pour le scolaire. (Karsenti ; 2003) De plus, il apparaît que les TIC peuvent jouer un rôle important dans la capacité de concentration des élèves. Leur niveau de concentration est plus élevé et plus durable en situation d’apprentissage utilisant les TIC que lors de situations traditionnelles. (Pellerin; 2005)
Il peut être ardu pour les enseignants d’atteindre la réussite des objectifs fixés par l’activité utilisant les TIC, car le «manque de temps, de connaissances, d’habiletés technopédagogiques, de soutien de ressources» (Karsenti ; 2003) sont des obstacles à franchir lorsque l’on commence à s’intéresser à ses nouveautés. Il faut arriver à faire en sorte que l’intégration réussie des TIC par les enseignants ne soit pas quelque chose de sporadique, mais bien que cela devienne une nouvelle partie intégrante du métier enseignant. Cela passera sûrement par une formation plus axée sur le développement de l’autonomie des futurs enseignants dans le domaine des TIC.
Bref, je crois que les technologies ont un immense potentiel pour améliorer la salle de classe traditionnelle, mais que cela ne peut se faire que si l’enseignant a comme but premier la réussite des élèves et non pas l’intégration des TIC dans sa classe. Comme nous en avons discuté à l’Université lors du cours d’exploration du TBI, la technologie n’est pas un Graal qui changera notre classe en paradis scolaire, mais bien un moyen parmi d’autres d’arriver à amener notre réflexion personnelle sur nos manières d’enseigner à terme. Aussi, la technologie peut être un vecteur de changement à considérer. Prenons en exemple le Collège Jean-Eudes qui commence l’application de la classe inversée, qui est facilitée par l’implantation de tablettes numériques dans l’école. (McKenna; 2012) Saurons-nous, futurs enseignants, faire en sorte que la technologie prenne la place qui lui revient en classe? À nous d’y répondre.
Karsenti, Thierry. (2003) Plus captivant qu'un tableau noir. Repéré à http://www.karsenti.ca/pdf/scholar/ARS-karsenti-23-2003.pdf
McKeena, Alain. (2012) Les tablettes modifient la pédagogie en classe. Repéré à http://techno.lapresse.ca/nouvelles/materiel-informatique/201209/15/01-4574417-les-tablettes-modifient-la-pedagogie-en-classe.php
Pellerin, Glorya. (2005) Les TIC en classe: une porte ouverte sur la motivation. Repéré à http://www.erudit.org/culture/qf1076656/qf1182140/55492ac.pdf
Ton billet est très intéressant. Toutefois, avec l’intégration massive des TICs en classe je pense qu’il est nécessaire de songer aussi aux façons dont nous encadrons leur usage, autant pour les élèves que pour les enseignants. Il me semble qu’il ne faut pas uniquement mettre une série d’interdits en place. Il faut plutôt enseigner aux élèves comment se servir convenablement des TICs enfin d’en faire des « citoyens numériques » (c’est aussi ça la CP3 du PFÉQ). À cet effet, la commission scolaire Lester B. Pearson a mis en place un projet de « citoyenneté numérique » : http://dcp.lbpsb.qc.ca/about_fr.html.
RépondreSupprimerJe suis d'accord avec ce qui est présenté dans ton blogue et avec le commentaire d'Alexandre. J'ajouterais cependant qu'il serait important d'intégrer dans la formation des élèves sur les TIC des éléments de didactique informatique. Baron et Bruillard (2001) affirment que les concepts didactiques tels que la transposition didactique n'incluent pas les procédures d'utilisation des instruments émergents. Non seulement faut-il développer une citoyenneté numérique, mais il faut aussi inclure l'enseignement selon une perspective de la didactique de l'informatique adjointe à la didactique de l'histoire.
RépondreSupprimer